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Bonne lecture !

RO / Publié le 12.04.2021, révisé le 13.04.2021

...istes de tous bords, même combat !

Djihadistes, Trumpistes, Antispécistes, Zadistes, Gauchistes, Fascistes, Environnementalistes, Complotistes, etc...

Ces extrémistes de tous bords pourraient presque se donner la main, car ils ne sont pas aussi différents que les thèses qu’ils défendent pourraient laisser croire.

Ces dernières années se sont multipliés dans la sociétés les groupuscules de tous types et obédiences. Si leurs combats sont souvent très différents, ils présentent néanmoins un certain nombre de points communs, qu'il est bon d'analyser et de chercher à comprendre pour mieux appréhender ces phénomènes et éventuellement lutter contre leur extension.

Les similarités entre ces groupes de personnes plus ou moins grands sont de trois ordres. Une cause à promouvoir qui fédère des individus présentant des profils ressemblants et prêts, in fine, à imposer leurs idées à la société par des moyens violents.

La «cause» qu’ils défendent est souvent
assez noble, qu’elle soit religieuse, politique, morale, sociétale, voire même artistique. Parfois elle peut être condamnable, telle le racisme, mais elle vise le plus souvent à «sauver l’humanité» d’un fléau à venir. Ces causes sont généralement importantes et méritent un débat public et des mesures au niveau gouvernemental, mais, en général, ne présentent que rarement une situation d’urgence qui justifierait l’utilisation de moyens particuliers autres que les voies démocratiques prévues par les constitutions et les lois en vigueur.

Le non-respect de l’autorité ou de la démocratie caractérise une grande partie de leurs actions, lesquelles finissent souvent par dégénérer en violences verbales, matérielles et même physiques. Ils bénéficient souvent du soutien de sympathisants parfaitement respectueux de la loi et de l'ordre pour lesquels il s’agit d’un combat de longue haleine et qui font évoluer la société par la force de la conviction.

Le profil particuliers des membres adhérant aux théories censées défendre la cause. Souvent de tous âges, sexes, origines, ils ne peuvent être regroupés que par leurs parcours individuels mais très similaires dans la société. Ce point en particulier qui mérite que l’on s’y attarde, car il est emblématique et est probablement le seul critère sur lequel on peut éventuellement agir.

Un certain nombre d’études ont cherché à comprendre les motivations des adhérents de ces groupuscules et surtout à vérifier leur profils socio-économiques et psychologiques. Il ne saurait ici être question de produire une étude fouillée, détaillée et chiffrée, mais plutôt de regrouper des éléments épars pour en déduire par comparaison les traits les plus marquants.

Le point de départ est toujours lié à la «cause». En général elle est acceptée comme importante et génère beaucoup de sympathie dans une partie non-négligeable de la population. Mais seule une minorité est disposée à s’engager pour la défendre, au sein de laquelle se recrutera un nombre encore plus petit de personnes disposées à utiliser des moyens de plus en plus violents pour se faire entendre.

Un second point de comparaison se situe au niveau de l’aspect quasi-religieux ou dogmatique de la cause à promouvoir ou défendre. Les membres de ces groupes se focalisent sur les objectifs liés à la cause en refusant souvent tout débat démocratique arguant qu’il ne serait pas équilibré du fait des moyens de leurs opposants. Cette foi engendre des passions fortes débouchant souvent sur une exaltation et un aveuglement, à l’origine de la violence de certains.

La taille réduite du groupe et la limitation à une seule cause a pour effet de créer des «spécialistes» du domaine concerné, excluant les personnes extérieures «qui ne savent pas» et procurant un sentiment de supériorité élitiste aux seuls adhérents. C’est l’effet «small is beautiful» qui valorise plus facilement un individu dans une petit groupe que dans une large assemblée comme un parti politique traditionnel.
 
La cohésion de ces groupes est basée sur un consensus et l’absence de critique. Un individu peut donc s’y identifier plus aisément et cette appartenance est valorisante car la taille réduite du groupe lui permet plus facilement de s’exprimer et de s’y trouver un rôle.

Au départ il pourrait sembler que des critères socio-économiques pourraient aisément catégoriser de manière uniformes les membres de ces différents groupes, or cela semble impossible.

En ce qui concerne les membres de groupes religieux qui finissent par s’adonner au terrorisme violent, les études montrent qu’en général il s’agit d’individus assez jeunes dont le niveau d’éducation est assez bas. Des problèmes familiaux et économiques les ont souvent conduit à commettre des délits qui les ont progressivement exclus du marché du travail, avec le cercle vicieux qui s’ensuit.

Pour les groupes plus concernés par l’écologie et l’environnement, il s’agit plus souvent de «filles et fils de bonnes familles» pour lesquels leur action présente un moyen de se révolter contre leurs parents et une alternative au parcours estudiantin et professionnel auquel ils étaient destinés, parfois contre leurs souhaits et donc avec une motivation très basse.

Dans les groupes politiques, de droite comme de gauche, la palette des âges est plus large et l’on trouvera plutôt des personnes déçues par leur situation professionnelle et économique cherchant à se déresponsabiliser en trouvant des boucs émissaires qui justifieraient leur déchéance tels que «les francs-maçons, les étrangers, la juiverie mondiale, le système pourri, les élites corrompues, les multinationales, etc...».

Seuls les groupes dit «complotistes» présentent des sympathisants avec des profils très différents, souvent dans des situations économiques plus aisées, un meilleur niveau d’éducation mais néanmoins des constats d’échecs professionnels, sociaux ou familiaux marqués, qu’ils peuvent faire reposer sur ces forces obscures qui gouverneraient nos sociétés. Le summum étant atteint avec le mouvement Qanon dont les exégètes se regroupent derrière une théorie du complot visiblement fabriquée de toutes pièces par quelques individus encore anonymes.

À ce stade commence à poindre une convergence vers une situation ou un état d'esprit commun à la majorité des adhérents de ce groupes: un grand mal-être et une absence de perspectives qui expliquent leur défiance vis-à-vis de l'État et de ses représentants, voire de la société en général. L'impossibilité de s'intégrer, de faire partie de la société "normale" les conduit à la rejeter pour se fabriquer une communauté basée sur des utopies qu'ils sont les seuls "happy few" à comprendre. La violence n'est que l'ultime étape du cheminement, lorsqu'ils comprennent progressivement qu'il ne leur sera pas donné raison ou rendu justice. Tels ces tireurs fous qui massacrent des écoles ou des parlements faute d'avoir été entendus par la justice, la police ou les médecins.

Une fois pris dans cet engrenage de violence, elle devient une habitude, voire un besoin existentiel et la fin du parcours se fait au sein de groupes du type "black bloc", skinheads, hooligans, antifas, etc... où la violence est justifiée comme unique moyen de changer la société.

À partir de quel moment peut-on parler de violence, car il y presqu'à chaque fois une stratégie d'escalade. Les premières manifestations sont pacifiques (attirer l'attention), puis l'on voit poindre la désobeissance civile (refus de se soumettre). La prochaine étape consiste à flirter avec l'illégalité en bloquant l'espace public ou la tranquilité des gens (provocation), ce qui engendre immanquablement une réponse de l'autorité. À la suite de l'intervention souvent "physique" de l'état, la violence commence à pouvoir être justifiée (réaction). Le stade final étant la violence comme unique argument (attaques, guérillas, déprédations) qui oblige l'État à réagir d'une manière plus brutale avec le recours aux tribunaux. Ce qui permet finalement aux contestaires d'invoquer la nécessité de changer le monde (révolution).

Ce qui est malheureux pour toutes ces personnes déboussolées qui se laissent happer par ces milieux, c'est qu'en amont on trouve de nombreux groupes institutonalisés (ONG, Associations, Partis politiques, etc...) qui ont intié le débat, toujours de manière pacifique, et qui profitent du combat de ces "passionarias" pour augmenter la visibilité de leur thèses. En général ils désapprouvent la violence, mais le plus souvent ne se gènent pas pour critiquer l'État et l'ordre établi, en justifiant les actes repréhensibles de leurs sympahtisants. Pour finir, grâce à leur situation médiane, ils réussissent souvent un coup politique en faisant élire leurs responsables au sein des législatifs et exécutifs. Mais tous ces manifestants violents finissent par payer le prix "socio-économique" d'une exclusion de la société, squats, autogestions, drogues, et là personne pour les aider à en sortir.


Références :

https://www.fondapol.org/etude/eddy-fougier-les-zadistes-1-un-nouvel-anticapitalisme/
https://www.lesinrocks.com/actu/gentils-anarcho-ecolos-jihadistes-verts-les-zadistes-107880-10-11-2014/
https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/11/13/terrorisme-une-etude-pour-cerner-le-profil-des-....
https://www.letemps.ch/suisse/djihadiste-suisse-moyen-chomage-vit-larc-lemanique
https://www.lefigaro.fr/actualite-france/2019/02/06/01016-20190206ARTFIG00208-une-enquete-devoile...
https://www.orbis.info/2019/04/cause-animale-antispecisme-veganisme/
https://www.cairn.info/revue-cahiers-internationaux-de-sociologie-2006-1-page-155.htm
https://www.liberation.fr/international/amerique/qanon-la-rhetorique-du-complot-20210303_HP7IOV...
https://www.erudit.org/fr/revues/socsoc/2017-v49-n1-socsoc03347/1042817ar/
https://www.letemps.ch/suisse/galaxie-verte-porte-vague



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