Article 6 : Votation cantonale
Une anlayse macro-économique de la situation fiscale de ce canton.
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RÉSUMÉ POUR LES GENS PRESSÉS
Ce petit commentaire du résultat de la votation cantonale vaudoise du 27 septembre 2026 sur une initiative demandant une baisse linéaire des impôts dans le Canton de Vaud, se veut légèrement ironique tant ce résultat me surprend, mais surtout tant il est à l'image de celui d'une autre votation récente au sujet d'une 13ème rente AVS. Et je trouve intéressant de faire une comparaison avec les thèmes respectifs et leurs partisans et adversaires
Dans les deux cas, il s'agit de redonner directement quelque chose à toute la population. Et, "oh surprise !", le peuple de ce pays qui en général est assez parcimonieux avec ses sous a accepté, et cela même avec une marge correcte en faveur des initiants.
Eh oui quand on promet de raser gratis, il y a toujours des gens qui trouvent que leur barbe est trop longue !
Résultats
Introduction
Lorsqu'il y a près d'un mois, j'avais publié un article sur ce thème, je n'aurais pas parié un sous sur les chances de cette initiative. Ce n'est que récemment en entendant Pierre-Yves Maillard essayer de la dézinguer que j'ai fait le rapprochement avec son discours enflammé pour défendre la 13ème rente AVS au printemps 2024.
Mon double titre souhaite montrer les deux visages et paradoxes de ce genre d'initiatives. Et sans prendre aucunement parti, ni fanfaronner, il me semble intéressant de mettre en lumière des phénomènes qui s'approchent du populisme par certains aspects. De surcroît il est presque symptomatique que ces deux propositions émanent de camps ordinairement opposés et que la même population les accepte. Il y a des jours où nos politiciens doivent être assez démoralisés !
On rase gratis !
Les deux résultats sont la démonstration que lorsque l'on propose à TOUS les citoyens un avantage à encaisser cash et presque immédiatement, c'est le porte-monnaie qui parle. L'affirmation selon laquelle les Suisses et/ou les Vaudois rejettent systématiquement les baisses d'impôts ou les redistributions est historiquement vraie, mais dorénavant il faudra la nuancer à la lumière de scrutins récents. Lorsque les arguments touchent directement au portefeuille des ménages et au pouvoir d'achat, le pragmatisme économique individuel l'emporte désormais sur les consignes de prudence budgétaire des autorités ou sur la défense absolue des services publics.
Que faut-il voir derrière ces résultats ?
La vie devient difficile pour tous: Dans le cas de la 13ème rente AVS, les analyses de VOX ont montré que les partisans provenaient de presque tous les bords politiques, et que si les personnes âgées et modestes ont voté majoritairement en sa faveur, elles ont été soutenues par des électeurs de la classe moyenne et même un grand nombre de jeunes.
D'ordinaire la gauche seule n'arrive pas à faire passer ce genre d'objet, mais lorsque elle s'adresse à TOUTE la population, les gens se sentent plus concernés et même des membres de la classe moyenne supérieure ont voté pour, en se disant, "Pourquoi pas ? Si j'arrive aussi à récupérer quelque chose!"
"Keep it simple, stupid !" ou "Fais simple, patate !" a peut-être aussi aidé. En l'occurrence les initiants du rabais 12% auraient pu grandement augmenter leurs chances s'ils avaient ajouté "pour les revenus inférieurs à 1 million" par exemple. Le plafond aurait désarmé les opposants, mais le résultat montre que ce n'était même pas nécessaire. La même réflexion pourrait se faire pour la 13ème rente AVS, mais la simplicité de l'argument a probablement fait sa force.
La prudence budgétaire n'est plus un argument suffisant: Dans les deux cas, l'argent pour financer la proposition n'existait pas, il fallait après acceptation trouver des solutions pour économiser des prestations ou augmenter les recettes. En général ces deux arguments sont des "tue-l'amour" qui font retomber dans les oubliettes des urnes toutes les initiatives de ce genre, mais étonnamment pas ces deux dernières fois. Probablement du fait de la conjonction des éléments évoqués ci-dessus.
L'arroseur arrosé !
J'ai beaucoup d'admiration et de respect pour Pierre-Yves Maillard. La passion et l'intelligence qu'il met à défendre les objets qu'il porte ou qu'il refuse est toujours entière et reflète ses convictions. Je suis toutefois très étonné de constater qu'il n'a pas vu le piège et n'a pas modifié son argumentation pour s'adapter à cette situation miroir.
Il avait réussi brillamment à faire passer cette 13ème rente en affrontant tous les caciques de la droite qui poussaient de hauts cris en lui expliquant, avec force graphiques et théories, qu'il n'y avait pas d'argent pour financer sa proposition.
Dans le cas précis, il n'a fait que de ressasser les arguments largement éculés de la gauche et des syndicats au niveau du maintien de la qualité des services publics. La population vaudoise est très généreuse en matière sociale, mais je crois que ce coup-ci de nombreux citoyens qui d'ordinaire ne font que payer sans rien dire, ont voulu que l'on s'occupe aussi un peu d'eux. Dans une famille, on ne peut toujours négliger les mêmes enfants sous prétexte que l'un est plus faible. À force les autres se lassent et réclament aussi un peu d'attention, parfois même, en faisant des bêtises !!!
Conclusions
Je n'aurais pas la prétention de donner ici des conseils à des politiciens chevronnés qui endossent leurs responsabilités tout au long de l'année, mais je pense qu'en y ajoutant les résultats deux autres objets de cette votation, à savoir sur la neutralité et sur l'alimentation, on peut sentir d'où souffle le vent.
Les deux objets fédéraux ont été balayés par presque 3/4 de la population, et leurs soutiens étaient très différents, carrément opposés, puisqu'il s'agissait de l'UDC et d'activistes verts. Et malgré une participation plus que correcte, le peuple a renvoyé presque unanimement leurs promoteurs à leurs travaux. Personnellement je veux y voir la lassitude des citoyens pour des objets inutilement clivants, compliqués et coûteux. En simplifiant le peuple a répondu "Comme si on n'avait que ça à faire !"
Pour l'objet cantonal, le message est encore plus clair, à mon avis : La vie est chère, tout augmente et on en a marre de payer, sans voir des résultats. Car c'est bien de cela qu'il s'agit. Les citoyens vaudois, qui sont parmi les plus taxés de ce pays, ne voient aucune amélioration dans leur quotidien, qu'il s'agisse des transports bondés, de centres-villes de plus en plus chers et mal-famés, d'une éducation qui n'arrive plus à faire fonctionner l'ascenseur social. Sans parler de l'échec à réformer la politique de santé. Et j'y vois aussi une demande supplémentaire aux deux blocs, du style "Cessez de vous chamailler et mettez-vous au boulot !"
Et last but not least: Les politiciens et analystes de tous bords seraient bien avisés de chercher à comprendre le résultat d'une série de communes contiguës autour de Cossonay, car elles ont voté comme les villes de gauche sans qu'on y comprenne rien, sauf éventuellement la peur de perdre des subsides.
Une anlayse macro-économique de la situation fiscale de ce canton.
Un petit pamphlet contre l'image que l'on cherche à donner de la neutralité helvétique
Un rapide condensé de tout ce qui se dit et ne se dit pas sur ce marché actuellement en souffrance.
Une petite analyse de la situation avec quelques pistes à creuser pour améliorer la situation.
Les morales se suivent et se ressemblent.
Une analyse critique de ce mouvement par rapport à ce qui l’a précédé.
Un grand coup de chapeau
Une petite présentation d’un duo de "créateurs de contenu" et de leur site.